Tariquet Folle Blanche 1990 - Sancho Panza Molinos
Chef d’oeuvre d’élégance et de subtilité, La Folle Blanche 1990 est le premier des deux Millésimes des Folles de Tariquet. Dans l’alliance avec le cigare, la féminité des Folles est généralement valorisée par des fumées végétales et pas trop grasses. Néanmoins les millésimes,
proposés au degré naturel, offrent une vivacité qui répondra très agréablement à une fumée dense et grasse à condition qu’elle soit d’un gras plutôt végétal, judicieusement relevé de notes grillées (les fumées d’aromatiques cacaotées combinent les sensations de gras et de grillé).
Le Millésime 1990, par sa subtilité aromatique, son nez vif et son équilibre en bouche, fut difficile à marier. Une expérience que je menai avec un Bolivar en gomma le fruité-floral et la fraîcheur pour en tirer l’expression vers le bois. Il lui fallait un cigare qui ne soit pas trop puissant tout en tenant tête à sa vivacité. Une fumée assez suave pour ne pas écraser ses flaveurs de fleur d’oranger et de miel d’acacia, qui soit capable de se fondre dans sa bouche d’attaque fluide au goût de caramel vanillé, de frémir sur sa collerette épicée de poivre blanc, d’acquiescer aux impressions de bois toasté, presque chocolaté, en voyage vers des rives de noix de pécan jusqu’à la touche amère du zeste d’orange.
C’est le Molinos de Sancho Panza (un format cervantes appelé lonsdale par les anglais) qui m’a donné le plus riche accord. La fumée Sancho Panza est en général de puissance moyenne, ni trop raffinée ni rustique mais très équilibrée et goûteuse. Le Molinos est célèbre pour les superbes nuances cacaotées grillées qu’il délivre en milieu de dégustation.
Au contact miellé de la Folle 1990, la fumée du premier tiers de Molinos fait sonner ses épices dans le poivre blanc du millésime. La vivacité fraîche de l’eau de vie rebondit sur le grillé, le bois, les notes terreuses. Sur la longueur de bouche, la fumée dépose sur la Folle des teintes de bois précieux et de torréfaction qui contrastent sur le miel épicé de l’eau de vie pour s’en aller mourir lentement dans des impressions plus fondues d’amande amère et de terre enrobées d’orange confite. A l’évolution du cigare, les épices s’estompent et la fumée prend sa tournure cacaotée que le caractère floral-fruité de la Folle fait briller. La rondeur dense (gras végétal) de la fumée semble porter la Folle dans la longueur de bouche et le dialogue s’installe sur l’axe chocolaté. Des accents vanillés répondent à la fumée, des notes d’orange l’éclaire. Entre le cigare et la Folle s’établit un univers aromatique de ganache au gré des scintillements de l’orange, du
cacao, de l’amande, de l’écorce et bientôt, à mesure que la fumée se concentre sur le troisième tiers du cigare, de superbes notes de noix grillée. De vive et contrastée, l’alliance devient gourmandise. Un mariage chocolatier.
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